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216 pages
Éditions Glénat - collection #onestprêt
Format : 14 x 22,5 cm

EAN : 9782344042786
14 octobre 2020 - Prix 13,90 €

Paru au moins d’octobre 2020, Le cri du homard de Guillaume Nail est l’un des deux romans - avec L’été du changement de Sophie Adriansen - qui marquent le lancement de la collection #onestprêt portée par Aude Sarrazin aux éditions Glénat. Dédiée aux 13 ans et plus, cette collection se propose, à travers la fiction, de sensibiliser les lecteurs à la réalité du changement climatique. Elle développe dans cet objectif un partenariat avec le collectif On Est Prêt, mouvement international créé en 2018 à l’initiative de Magali Payen, qui rassemble experts, artistes, créateurs, personnalités publiques autour d’actions visant à alerter et à mobiliser l’opinion sur la question environnementale.

Le cri du homard nous emmène à Montabourg, "bled paumé du Cotentin" où Aurore s’ennuie ferme avec ses deux amies Gisou et Bao. Sûre d’avoir raté son bac, elle est accablée par la perspective de devoir travailler tout l’été pour "son charcutier de daron". Elle évolue dans un environnement qui n’a rien à lui offrir, "on se serait cru dans un Ehpad à ciel ouvert, ça puait la mort", et n’a pas non plus les moyens de s’en échapper, alors… ?

Lecture : Le cri du homard de Guillaume NailLecture : Le cri du homard de Guillaume Nail

De retour d’une virée à Caen, les filles se retrouvent côte à côte à bord de leur vieille BX, avec une Austin mini décapotable orange, immatriculée 78. Le conducteur est séduisant ("ça sentait bon le fils à papa en goguette") et un petit jeu s’installe entre les passagers. Le soir-même, Bao en sait plus sur le jeune homme. Il s’appelle Archambault Montbrial, et doit travailler tout l’été à la conserverie de homards de La Rocque, le village voisin. "Donc, grand concours international : la première de nous trois qui pécho Archambault… a gagné le gros lot !" propose Bao.

Prête à relever le défi, Aurore se fait embaucher à la conserverie dirigée par la sœur de son père, Jeanne Choiseul. L’un et l’autre sont brouillés depuis des années mais qu’importe ! "La Rocque résonnait depuis toujours comme une promesse. Elle était contente d’avoir enfin l’occasion d’injecter un peu de paillettes dans sa vie." Aurore fait ainsi la connaissance d’Archambault qui travaille sur un gros projet : l’expansion de la conserverie de homards, et le développement d’un réseau de boutiques dans toute la France.

Lecture : Le cri du homard de Guillaume Nail

Aurore est ravie d’apporter sa contribution à l’entreprise, mais le projet en question ne fait pas l’unanimité, en particulier chez les habitants de Montebourg, ses amis, sa famille, et elle se retrouve bientôt déchirée entre des intérêts et des visions très divergents. "Sans qu’on sache trop pourquoi, les deux villages se vouaient une haine atavique, qui s’était creusée à mesure que La Rocque prospérait grâce à la manne du homard, tandis que Montabourg végétait dans sa déshérence. En se retirant à chaque marée basse, la mer embourbait de vase le havre entre leurs deux rives, de quoi créer un fossé infranchissable, tant physique que psychologique. Les deux communautés se détestaient cordialement, alors que quelques mètres seulement les séparaient."

À travers le personnage d’Aurore, les opportunités qui s’offrent à elle, les choix qu’elle doit assumer, Guillaume Nail met en scène les questions qui agitent notre société. Comment concilier développement économique, " l’emploi. Le saint-Graal de n’importe quel élu", et respect de l’environnement ? Comment ménager un équilibre entre une prospérité à court terme, et la préservation durable des ressources ? La scène du repas au kebab, au cours de laquelle s’affrontent les points de vue, est particulièrement éloquente. Dans son histoire menée tambour battant avec beaucoup d’humour, Guillaume Nail, qui vit lui-même en Cotentin, prend soin d’éviter les leçons de morale et d’exposer sereinement les enjeux, notamment à travers le personnage de Tahar, étudiant en biologie marine : "Je veux dire, pour tout équilibre que tu modifies, comme ça, il y a forcément un prix à payer. Et donc c’est bien de peser le pour et le contre."

Lecture : Le cri du homard de Guillaume NailLecture : Le cri du homard de Guillaume Nail

Les ados se reconnaîtront dans le langage sans détour que l’auteur emploie dans ce roman, et derrière lequel on sent poindre sa tendresse pour la jeunesse et ses préoccupations. D’autres thèmes bien sûr, traversent le livre : la quête d’identité, les relations familiales, l’amitié, l’éveil à la citoyenneté… En fin d’ouvrage, le chapitre "Et toi, es-tu prêt(e) ?" propose au lecteur des chiffres-clés, des informations, des pistes de réflexion sur la lutte contre l’artificialisation des littoraux, la protection de l’océan et de la biodiversité marine, le nucléaire et l’EPR. Ou comment lier l’utile à l’agréable. La collection #onestprêt des éditions Glénat prend un bel envol avec Le cri du homard.

 

"Moi je VIS ici, OK. Sans rien. Alors ton havre de merde, je m’en cogne. Et tes oiseaux, pareil ! S’ils sont pas contents, ils ont qu’à se barrer ailleurs, parce que nous, on n’a pas le choix. On est coincés là, tu comprends. Sans boulot, sans espoir !"

 

Tag(s) : #Lectures

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