Jacques Darras : La mer, l'amour, la mort
29 déc. 2025La mer, l’amour, la mort : lecture musicale de Jacques Darras à la Comédie de Picardie à Amiens sur une composition de Nicolas Worms, Lames, interprétée par la flûtiste Sarah van der Vlist et la violoncelliste Barbara Le Liepvre le 11 décembre 2025.
Le poète, dont je m’aperçois qu’il fêtait ses 86 ans ce soir-là, a lu un poème maritime inédit, les Lettres à Hélène tirées de L’indiscipline de l’eau (Poésie/Gallimard 2016), et un extrait de Je m’approche de la fin (NRF/Gallimard, 2025). Dans ce récent recueil, « poème parlant pensant dansant », Jacques Darras regarde la mort en face. Il lui arrive que le corps se dérobe mais les mots, jamais. Attentif aux signes, posant les grandes questions avec son immuable sagacité, « le poète, l’allumeur fondamental / Faiseur de jour / Petit électricien bricoleur réparateur, au pire » ne faiblit pas. Bien au contraire. Car « l’imagination peut tout, imaginons / Position avancée en avant de nous / Position de guetteur veilleur ». Et le mot « Croire » traverse le poème. « Secret bien gardé / La Mort », certes. Mais à lire et écouter le « poète vieux marin » qui s’approche de la fin, l’évidence surgit : ce n’est pas le Néant qui aura le dernier mot.
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Nous les parlant les danseurs de mots
Imitons jusqu'au bout faisons comme si
Oiseaux chanteurs de ne rien savoir que
Chanter
Dans la nuit la forêt que nous disons nocturne
N'ayant qu'images où nous
Percher
Perches perchoirs à sons
N'ayant que sons pour percer pour sonder
Ce qui ne résonne pas
Ce qui ne répond pas
Qu'on appelle Silence
Silence oui nous l'appelons
C'est déjà bien qu'il vienne
S'il se lance il n'en dira pas plus
Entend-il écoute-t-il non sans doute sinon il parlerait
Prêtons-lui nos phrases poèmes
Nos phrases chantées
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