Poèmes à la coque - Fables pour notre temps
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Le cahier de l'écrivain / Comme un champ se repose, / Mots racinés, dévêtus, endormis. / Mais dans la jungle de la nuit, Un diable y pervertit la prose.
Paru en avril 2026, Poèmes à la coque – Fables pour notre temps (Le Taillis Pré), recueil illustré par Claudine Goux, nous emmène à la (re)découverte d’une soixantaine d’objets mis en poèmes et transfigurés par la plume facétieuse de Béatrice Libert. Dans sa postface, Daniel Laroche décrit ainsi la démarche : « Telle un général de fantaisie ou un catalographe éméché, elle entreprend de passer en revue, selon un ordre préétabli, quelques dizaines de menus objets dépourvus de tout prestige. Il s’agira, en toute liberté imaginative, d’en relever manques et qualités, concrétude et sens, voire rebellions et fatalisme. Cartésiens psychorigides s’abstenir… »
Classés par ordre alphabétique, L’allumette « Pétillante de malice », La cafetière, Le couteau, Le foulard, Le miroir, Le nœud, Le tricot, Le vélo, Le yoyo (par exemple !) révèlent des histoires inattendues ou cocasses. Puisant dans les ressources du langage, Béatrice Libert fait surgir des images et nous invite à réinterpréter le réel qui se tient sous nos yeux. Ainsi, La hache : « Outil au féminin, / Prêt à vous couper le sifflet. / Lettre au masculin / Au creux de l’alphabet. // Le mot hache intègre, à lui seul, / Les deux genres grammaticaux / Qui alimentent les débats sociétaux. » Les neuf dessins de l’artiste peintre Claudine Goux, qui illustrait déjà Poèmes sans ombre pour voir la vie du bon côté (L'Atelier du Grand Tétras, 2024), se marient parfaitement à la fantaisie – un brin surréaliste – des poèmes du recueil.
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Poète belge, écrivaine de récits, romans, essais, livres d’artistes et livres pour la jeunesse, Béatrice Libert a de multiples cordes à son arc. Peintre depuis une douzaine d’années, elle a également fondé le Festival des Arts à Cointe qui se déroule chaque année à Liège lors du week-end de la Pentecôte.
Nous avions eu l’occasion d’échanger sur son œuvre et son parcours lors de la rencontre organisée le 16 mars 2024 à Amiens par La Chouette Imprévue dans le cadre de son festival, Le Rayon vers. Une œuvre riche qui comme la montagne, s’organise selon deux versants : l’ubac pour les livres au ton grave et l’adret pour ceux teintés d’humour et qui jouent sur les mots, à la manière de l’OuLiPo (Ouvroir de littérature potentielle toujours en activité, fondé en 1960 par François Le Lionnais et Raymond Queneau).
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