Retour sur le 3e Marché de la Poésie de Lille
16 déc. 2025La 3e édition du Marché de la Poésie de Lille proposé par le Centre littéraire Escales des Lettres s'est déroulée au Tripostal du 12 au 14 décembre 2025. Voici un retour sur la journée du vendredi 13 décembre. Au programme : Poétik Café avec Lucien Suel et Cécile Richard, Atelier d’écriture avec Armelle Chitrit, Lectures de textes poétiques par les membres de La Bocca, atelier de littérature(s) à voix haute, Mises en voix poétiques par les élèves du Conservatoire de Lille, sous la direction de la poète et professeure de théâtre Christine Girard, Carte blanche aux poètes des éditions MaelstrÖm reEvolution et Abrapalabra, Installation de Dimitri Vazemsky : Prototype du reste, un territoire de lettres aux lisières des s'est déroulée ens.
Rencontre croisée avec les auteurs Juliette Mézenc (Bassoléa, éd. La Contre Allée, 2025) et Thomas Vinau (Ça suffira merci, éd. Les Venterniers, 2025), en résidences littéraires de création dans les Hauts-de-France, animée par Schéhérazade Madjidi (Escales des lettres).
Thomas Vinau : « Je suis un écrivain assez casanier avec beaucoup de lumière, et de ciels... C'était une bulle d'extraction de mon cocon. Ça a renouvelé un peu mon regard. J'étais à la citadelle d'Arras, un lieu qui en impose, j'étais le seul locataire de ces immenses bâtisses. Il devait y avoir pas mal de fantômes qui trainaient, c’était bien. […] J'écris essentiellement pour essayer d'être plus présent dans la réalité à ce qui m'entoure, à l'intérieur et à l'extérieur de ce qui m'entoure. Il y a toujours une correspondance entre le dehors et le dedans. Ce n’est pas nouveau, on écrit toujours à partir de quelque part et ça infuse, entre ce que l'on ressent et ce que l'on perçoit et ce que l'on pense. […] C'est un effort. Il faut prendre le temps de regarder, de recevoir les choses. Après chacun a sa petite cuisine pour essayer d'en faire quelque chose avec des mots. Mais la première démarche de l'écriture, c'est d'abord, je pense, de faire attention et de regarder. »
Juliette Mézenc : « Prendre le temps d'être dans un lieu, pleinement, voir ce qui se passe et créer les conditions de l'écriture. Cela demande une grande attention à ce qui se passe en soi, en dehors de soi, à la circulation entre soi et le dehors. Et creuser, c'était aussi creuser les questions. Et la question du travail. Le travail de création est très différent mais c'est du travail, c'est indéniable. Qu'est-ce qui va le favoriser, le faire advenir ? […] Souvent quand j’écris, j'ai cette vision de strates, et de traversée des strates. Des strates géologiques, mais aussi des strates de l'atmosphère, des strates psychiques. Voir le réel un peu comme feuilleté, avec des strates qui sont poreuses les unes avec les autres. Strates politiques, sociales, psychiques. J'aime bien les schémas en coupe et c'est cette image qui me revient souvent en tête quand j’écris ou que je me relis. »
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