Itinéraire poétique d'Antoine MaineItinéraire poétique d'Antoine MaineItinéraire poétique d'Antoine Maine
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C’est dans la Chapelle de l’Orphelinat de Montreuil-sur-mer (Pas-de-Calais) que s’est déroulé du 8 au 10 mai 2026 Le plus petit salon du livre du monde sur le thème « Paysages poétiques ». Un évènement organisé par La Fabrique Poétique, « micro entreprise d’édition, de créations d’instants poétiques et d’événements littéraires » créée par Isabelle Baudelet.

L’appellation qu’elle a choisie pour le salon ne correspond pas seulement à un trait d’humour de sa part. « Faire petit est un vrai souhait, explique-t-elle. Non par fausse modestie ou pour rechercher un certain dénuement, mais pour ramener une démarche éditoriale, ou l’organisation d’évènements littéraires, à la juste mesure de ce que je peux faire. Et pour que l’on prenne le temps de regarder et de rentrer dans les livres, ces objets qui ne sont pas comme les autres, qui ouvrent sur des mondes entiers ».

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Parmi les temps forts du salon, une lecture par le poète amiénois Antoine Maine, avec l’accompagnement musical d’Emmanuel Bance (banjo, mandoline et dobro), de son recueil Vingt-cinq virgule quatre. Publié aux éditions La B., structure éditoriale de la Fabrique Poétique, cet ouvrage est le troisième de la collection « Atlas poétique des rivières ». En prose, en vers ou à l’encre bleue, il décrit le périple du poète en quatre étapes - une par saison - le long de la rivière des Évoissons dans le département de la Somme.

Entre octobre 2024 et août 2025, depuis Handicourt « hameau blotti en fond de vallée » jusqu’à Conty « bourg endormi au bord de la Selle », il a parcouru à pied 38,3 kilomètres pour longer comme il le pouvait les 25,4 kilomètres de la rivière. « Je me plais à jouer les explorateurs. Je cherche la source des Évoissons comme d'autres au début du XIX° siècle cherchaient les sources du Nil dans les régions sauvages et inhospitalières aux confins du Soudan, de l'Éthiopie ou de l'Ouganda. Tout seul, je rigole de moi-même dans mon petit coin de Picardie, à la frontière avec la Normandie et à 11 minutes en voiture du prochain McDo. »

Itinéraire poétique d'Antoine MaineItinéraire poétique d'Antoine Maine

Les cinq sens en éveil et son carnet en poche, Antoine Maine s’attache aux détails du parcours. Il écrit beaucoup en marchant, c’est aussi dans le mouvement que les phrases se construisent. « À la maison, quand je réécris devant mon ordinateur, j'essaie de me replonger sur le chemin, de retrouver cette atmosphère grâce à ma mémoire ou aux photos que j’ai prises. Et parfois, je brode aussi ! »

« Grand marcheur devant l’Éternel », et souvent en montagne, il reconnaît le vol des buses, les crécerelles en chasse ou le chant du loriot. Sous sa plume, la beauté nichée dans l’ombre des grands chênes côtoie les cafés fermés et les églises désertes. Il ranime parfois le souvenir de ce que fut ce « petit coin de Picardie », lorsque les moulins et l’énergie hydraulique en faisaient une vallée prospère. Aujourd’hui, la présence de l’homme se fait rare le long de la rivière dont le poète n’a pu retrouver la source. Il a trouvé les mots en revanche, afin que ses lecteurs en promenade avec lui, distinguent dans les Évoissons, un paysage poétique.

Parfois le ruisseau disparaît complètement. Happé par la terre, ne reste plus qu'une trace signalée par la présence d'une végétation plus touffue (joncs, roseaux, orties...). On ne l'entend même plus chantonner. Puis quelques dizaines de mètres plus loin, on ne sait pourquoi ni comment, on retrouve l'eau qui s'écoule mollement, dessinant par endroits des méandres paresseux entre les troncs de quelques vieux saules aux trognes monstrueuses. Je me dis que le poème s'écrit ainsi, parfois les mots disparaissent, on s'en étonne puis ça revient, les phrases reprennent leur cours.

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