Je vous présente Maxime, mon fils, comment s'appelle le vôtre ? Enchantée, Simon. Vous allez vous saluer un peu plus loin, les garçons ? Simon s'est demandé ce qu'il était censé dire à un tout-petit. Comme celui-ci ne disait rien, il lui a demandé où il habitait. Là-bas et toi ? Simon a pointé du doigt la direction opposée puis a demandé Tu vas à l'école ? Maxime a répondu Après les vacances, je vais à l'école des petits, mais je suis en CP. Et Simon, qui s'est senti soudain responsable de Maxime, a proposé : Tu veux qu'on y aille ensemble ?

C’est ainsi que commence leur histoire dans Vert tendre (Les Venterniers), le roman de Lucien Fradin. Quelques centaines de mètres séparent les maisons de Maxime et Simon. Ils vivent à la campagne dans les années 90, ils ont trois ans d’écart. Simon prend sous son aile le petit Maxime, sensible et volubile. Lui, il n’a pas les mots. Il vit seul avec sa mère qui le maltraite : « L'entourage le sait, et à part redoubler de gentillesse avec Simon, l'entourage ne fait pas grand-chose, c'est quand même sa mère et il n'a qu'elle, après tout. » Chez Maxime Duforé, il y a trois enfants, une mère bibliothécaire et un père instable.

Ce qui se noue dans l’enfance entre les deux garçons, va se poursuivre leur vie entière. Prendre racine en eux. Et c’est précisément ce que Vert tendre raconte. Comment Simon et Maxime vont se reconnaître, prendre conscience de leur homosexualité, traverser l’adolescence sans modèle qui leur ressemble, devenir qui ils sont malgré les épreuves et des parents toxiques… Parfois ils s’éloignent ou se perdent puis finissent par se retrouver. Ce sont deux vies et un grand amour que Lucien Fradin, auteur et metteur en scène lillois, décrit au fil des pages. Un amour lumineux. Les années passent, ils se sont choisis. « Tiens, ils sont déjà vieux. Et ça va. »

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