Mobilisation historique pour la filière du livre qui lance ce mardi 27 octobre 2026, une grande campagne #SauvonsLaLecture visant à « exiger une politique publique ambitieuse en faveur du livre et de la lecture. La lecture n’est pas une dépense accessoire : c’est un bien commun, un levier d’émancipation et un enjeu majeur d’éducation, de santé publique et de démocratie. »

Le collectif Plaidoyer pour le livre et la lecture réunit près de 60 organisations de la filière du livre et de la lecture (Liste ICI) qui alertent sur l’urgence de la situation et revendiquent : ▶ Une politique nationale volontariste et interministérielle en faveur du livre et de la lecture, ▶Des budgets à la hauteur des enjeux, pour l’État comme pour les collectivités territoriales, afin d’enrayer le déclin de la lecture au vu de son impact sociétal, ▶Un soutien réaffirmé à l’ensemble des acteur·ices et métiers du livre, notamment par le renforcement des moyens alloués au Centre national du livre et aux dispositifs de démocratisation culturelle.

Rappelons que la fragilisation du secteur du livre et de la lecture, a un impact sur l’ensemble de la société. Que l’on se place du point de vue de l’éducation, de la transmission des savoirs, de la formation des citoyens, de l’insertion sociale et professionnelle, de l’exercice de la démocratie, de la cohésion sociale, de la santé mentale ou de l’épanouissement des individus, la lecture offre une réponse aux problématiques contemporaines. En la déclarant Grande cause nationale 2021-2022 lors d’un déplacement dans la Somme et l’Aisne, Emmanuel Macron soulignait lui-même : « Au fond, c'est ce qui tient très profondément notre nation unie, ce rapport à la langue et la lecture. Et donc, cette grande cause est pour moi très importante. »

Les indicateurs récents n’incitent pas à relâcher les efforts : 13 % des jeunes présentent des difficultés sévères de lecture ou sont en situation d’illettrisme. En 2025, 1 Français sur 6 n’a lu aucun livre, c’est le taux de non-lecteurs le plus élevé observé sur les dix dernières années. Les résultats du test PISA ont chuté par rapport à 2015, et comptent parmi les plus faibles jamais obtenus en France. Les résultats des États généraux de la lecture pour la jeunesse sont eux-aussi alarmants. Dans le cadre de leurs loisirs, les jeunes Français consacrent en moyenne 18 minutes par jour à la lecture et 3h01 aux écrans.

Les finances publiques sont certes dans un état lamentable et les arbitrages budgétaires indispensables. Mais le budget consacré au livre et à la lecture représente le secteur culturel le moins coûteux pour l’État alors qu’il est le premier en termes de chiffre d’affaires. Le budget du ministère de la Culture (8 milliards d’euros) représente 0,9 % du budget de l’État. Au sein de ce budget, le secteur du livre représente 3,9 % (319 millions d’euros). Les dépenses des établissements nationaux (BnF, BPI, Maison du dessin de presse, CNL) totalisent 288 millions d'euros, soit 90 % du budget Livre.

Le collectif constate qu’en 2026, l’État a réduit de 25 % ses crédits alloués aux librairies, maisons d’édition, manifestations littéraires, bibliothèques ou encore aux structures de coopération, médiation et développement de la lecture. Le projet de loi de finances pour 2027 entérine ces baisses. Hors les établissements publics, ces dépenses d’intervention sont en effet passées de 23,2 millions d’euros en 2025 à 17,4 millions d’euros en 2026, soit 0,21% du budget du ministère de la Culture. Le Centre national du Livre (CNL), qui soutient financièrement la filière du livre, a vu son budget diminuer de 22 % en deux ans, son existence même est remise en cause par une proposition de loi. C’est tout un écosystème qui souffre aujourd’hui, de nombreux emplois directement menacés et au-delà même de ces aspects économiques, une ambition qui s’essouffle pour la France de demain.

 

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