Hommage à Jules Verne, le Jardin d'Octopus se dessine à Amiens Hommage à Jules Verne, le Jardin d'Octopus se dessine à Amiens

L’univers de Jules Verne (1828-1905) reste une source intarissable d’inspiration. En témoigne le projet monumental qui est en train de voir le jour place Alphonse-Fiquet, devant la gare d’Amiens. Mercredi 22 juillet 2020, le paysagiste Thierry Huau (Atelier Interscene), présentait en compagnie de Brigitte Fouré, réélue maire de la ville, la bambouseraie en cours d’installation sur le parvis. Il s’agit de la première phase de l’aménagement initié par la SPL Vallée idéale développement pour Amiens métropole, et conçu par une équipe pluridisciplinaire sous la direction artistique de François Schuiten, illustre auteur de bande dessinée belge, Grand Prix 2002 du Festival d’Angoulême, et scénographe. On lui doit déjà la fresque murale de la Maison de Jules Verne et la sphère armillaire qui surplombe sa tour depuis 2006.

"Si Jules Verne était là, le bambou est probablement l’une des plantes qui l’auraient le plus inspiré, s’enthousiasme Thierry Huau. C’est la plante universelle et la plante à tout faire." Utilisée à la fois comme nourriture, textile bio, échafaudage ou gouttière pour les temples en Asie, c’est un matériau indestructible et d’une grande souplesse, qui résiste aux variations de températures (jusqu’à – 25 °). Particulièrement rustique, elle a une durée de vie très longue mais lorsqu’elle se met à fleurir, tous les 99 ans en moyenne, elle meurt. "Pour éviter ce phénomène, j’ai multiplié les variétés", indique le paysagiste. Son entretien est simple, il suffit de nettoyer les feuilles mortes des chaumes.

Hommage à Jules Verne, le Jardin d'Octopus se dessine à Amiens Hommage à Jules Verne, le Jardin d'Octopus se dessine à Amiens

La bambouseraie sera alimentée par un système de goutte-à-goutte pendant deux ans, le temps que la plante s’installe dans le sol. Une barrière anti-rhizomes a été prévue, les racines sont concentrées dans un tissu solide afin d’éviter le soulèvement des dalles. Plus de 80 spécimens d’environ dix mètres de haut ont été acheminés depuis les Cévennes. Ils devraient atteindre à terme une quinzaine de mètres.

Le bambou, "plante vernienne dont les qualités structurelles et esthétiques ont inspiré artistes et ingénieurs", attire la biodiversité, les oiseaux, la fraîcheur. Il devrait donc corriger le caractère hyper minéral de la place de la gare. Soucieuse d’œuvrer dans le respect de ses prédécesseurs, l’équipe a consulté l’agence Vasconi Architectes. Claude Vasconi, décédé en 2009, a été en charge du réaménagement de la place de la gare sous Gilles de Robien. L’architecte des bâtiments de France a également validé la démarche.

Hommage à Jules Verne, le Jardin d'Octopus se dessine à Amiens Hommage à Jules Verne, le Jardin d'Octopus se dessine à Amiens

La deuxième phase du projet est confiée au concepteur lumières Hervé Audibert (Atelier Audibert), présent ce mercredi. "Il a rejoint l’équipe pour proposer une réponse scénographique qui permette de retrouver l’esprit vernien", explique Thierry Huau. Un appel d’offres sera lancé fin août pour sa réalisation. L’objectif étant - Brigitte Fouré y tient beaucoup – que tout soit prêt pour la fin de l’année 2020, si possible à l’issue du Marché de noël.

La fontaine existante, alimentée par un important local technique sous le parvis, sera réutilisée pour créer de grands écrans d’eau de cinq mètres de haut sur dix de large, sur lesquels des images seront projetées depuis les vidéo projecteurs dissimulés dans les bambous. "L’eau viendra ainsi en relais du végétal", décrit le paysagiste. Ces jeux de lumières se dérouleront en musique. Le compositeur Bruno Letort a créé en mars dernier une œuvre originale intitulée Black Museum, pour accompagner la projection. "En partie dessinées par François Schuiten, les images seront une préfiguration de la sculpture à venir".

Hommage à Jules Verne, le Jardin d'Octopus se dessine à Amiens

La troisième phase du Jardin d’Octopus n’est pas encore confirmée, elle doit être votée par le conseil municipal et financée. Le coût pour la création de la bambouseraie s’élevant déjà à 169 949 € HT. Il s’agit d’une sculpture de calamar géant imaginée par François Schuiten en lien avec le roman Vingt mille lieues sous les mers (1869-1870), qui sera exécutée par le sculpteur Pierre Matter. Le but affiché par la Mairie est de signifier avec force, dans la cité, la présence de l’écrivain inhumé au cimetière de La Madeleine.

Comme le souligne Thierry Huau qui a passé ici son adolescence : "Amiens a largement le droit de placer Jules Verne au cœur de son histoire. S’il y a bien une personne qui fait rêver, en Chine comme aux États-Unis, c’est Jules Verne !" Trait d’union avec le centre-ville, la place de la gare est une porte qui ouvre vers le quartier de la Vallée idéale et plus loin vers la mer. Elle fait appel à nos imaginaires. "Amiens est une ville où l’on ressent un art de vivre. Nous avons a essayé de contribuer à renforcer cette lecture", conclut le paysagiste.

 

Tag(s) : #Coups de coeur et curiosités

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